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la COP21 s’ouvre à Paris

la COP21 s’ouvre à Paris

La Conférence de Paris sur le climat s’est ouverte aujourd’hui  pour 2 semaines. Après une ouverture anticipée des négociations techniques hier, les allocutions des chefs d’Etat et de gouvernement présents lanceront officiellement la Conférence et donneront l’impulsion politique indispensable à la conclusion d’un accord.

La conférence de Paris est la plus grande réunion diplomatique de l’histoire. C’est un sommet pour le climat, pour l’humanité, pour la vie, pour la paix. Pour atteindre ses objectifs, la France s’attache à promouvoir dans la négociation multilatérale une « Alliance de Paris pour le climat » s’appuyant sur quatre volets :

– un accord juridique universel et applicable à tous ;

– des engagements nationaux portant notamment sur la maîtrise et la réduction des émissions ;

– un volet financier qui garantira la solidarité internationale envers les pays les plus vulnérables ;

– un « Agenda des solutions », qui vise notamment à mettre en œuvre les accélérateurs qui permettront, au-delà des objectifs contraignants, de garantir des progrès plus ambitieux.

L’objectif clé de la conférence de Paris est d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone.

Tout doit être fait pour que l’on ne dépasse pas un réchauffement de 2°C. Ce n’est pas un chiffre arbitraire : c’est l’augmentation de température au-delà de laquelle, d’après les calculs des experts du GIEC, la planète entrera dans un scénario climatique imprévisible aux conséquences dévastatrices. En deçà, on anticipe à peu près ce qui peut arriver, pas au-delà.

L’accord doit entrer en vigueur en 2020. Il devra à la fois traiter de l’atténuation — la baisse des émissions de gaz à effet de serre — et de l’adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques existants et à venir. Il doit trouver un équilibre entre les besoins et les capacités de chaque pays, une répartition de l’effort entre les émetteurs historiques et les économies émergentes.

La COP21 doit également permettre aux pays développés de mobiliser 100 Md $ par an à partir de 2020, en partie via le Fonds vert pour le climat, afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le dérèglement climatique.

La première partie du chemin : les contributions nationales

Pour préparer cet accord, chaque pays a dû préparer et publier en amont de la COP21 une contribution qui présente un plan de travail concret à même de permettre à l’État concerné de faire sa part au sein de l’effort universel.

167 pays, couvrant plus de 91% des émissions, ont publié leur contribution nationale. Pour rappel, seuls 30 pays s’étaient engagés dans le protocole de Kyoto, 60 à Copenhague et Cancun.

Elles permettent de changer la donne et nous éloignent du pire. Sur la base des 146 premières à avoir été déposées, la Convention climat de l’ONU (CCNUCC) a ainsi estimé qu’elles permettaient de nous placer sur une trajectoire d’une augmentation entre 2,7°C et 3° C d’ici la fin du siècle, contre 4°C-5°C, voire plus, si rien n’était fait.

C’est le fruit de l’engagement fort de tous les grands émetteurs, et notamment de la Chine, des États-Unis et de l’Union Européenne, qui ont pris des engagements ambitieux.

C’est le fruit de la participation de tous les pays, y compris des plus pauvres qui, même s’ils n’ont jusque-là pas pollué, s’engagent eux aussi à mettre en place des actions de réduction de leurs émissions.

S’il convient d’être prudent, les contributions ne donnant des indications que jusqu’à 2025 ou 2030, alors que les émissions après 2030 ont également un impact très important sur l’augmentation de température, les contributions nationales n’ouvrent pas moins la voie à des changements majeurs dans l’économie mondiale. Exemple : selon l’Agence Internationale de l’Energie, les politiques prévues porteraient à 70 % la part des sources décarbonées dans la nouvelle capacité de production électrique d’ici 2030 (contre 34 % seulement aujourd’hui).

Il y aura bien sûr d’autres conférences. Mais Paris doit être un véritable tournant. Il n’y a pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B.