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TRW, Kheira Bouziane questionne le Ministre

TRW, Kheira Bouziane questionne le Ministre

Monsieur le Président,

Mesdames les Ministres,

Chers Collègues,

 

Je viens vous évoquer le cas de l’usine TRW, située dans l’agglomération dijonnaise à Longvic, implantée depuis plus de vingt ans et dont la fermeture définitive a été annoncée.

Cette usine assure une mono activité et fabrique des directions assistées hydrauliques et électriques pour le marché automobile mondial.

Le groupe américain auquel appartient l’entreprise est bénéficiaire. Il est en croissance forte et malgré la conjoncture, il dégage toujours des résultats élevés.

Des dires même de la direction : « La décision de fermeture de l’usine n’est pas liée au travail des salariés mais à la technologie qui a changé et à la demande qui a fortement chuté », ce que conteste et dénonce à juste titre l’intersyndicale.

En effet, si une partie des difficultés peut être imputée à la conjoncture automobile, c’est surtout une volonté insidieuse et préméditée de fermer le site qui a prévalue.

Ces dernières années ont été marquées par la faiblesse voire l’absence d’investissements et par le départ des cadres, du responsable de production et des ressources humaine et la diminution des volumes de production qui étaient confiés au site de Longvic.

Dans ce dossier, malgré des projections faites qui démontrent la forte profitabilité de l’entreprise qui rivaliserait avec d’autres sites, le dumping social est le seul déterminant pour les dirigeants internationaux.

Un droit d’alerte a été initié dès 2011 pour répondre aux interrogations et aux inquiétudes des salariés.

On ne peut que regretter le manque d’investissement et du développement de la filière électrique, et dénoncer la délocalisation de la production en Pologne et en Italie.

Aujourd’hui, cette fermeture va engendrer la perte de 148 emplois sans compter les pertes d’emploi qui seront induites.

Aussi je souhaite être le relais du combat des élus locaux et des salariés et de leurs représentants syndicaux, qui sont reçus aujourd’hui même par la direction européenne pour leur présenter le Plan de Sauvegarde de l’Emploi, qui n’a de sauvegarde que le nom.

Les salariés de Dijon Longvic ont toujours montré et montrent encore une forte implication et un profond attachement à leur entreprise et n’ont jamais démérité.

Leurs compétences, et leur savoir-faire en mécanique, mécanique de précision et de rectification sont indéniables, leur haute technicité transposable à d’autres secteurs notamment l’aéronautique.

Je tiens à vous interroger directement sur les solutions envisageables en vue du maintien de l’emploi et de la recherche de solutions voire de reconversion du site.

Malgré votre fort engagement et les 20 milliards d’euros dégagés en faveur des entreprises pour qu’elles investissent et recrutent, des sites sont chaque jour menacés d’une fermeture définitive.

Madame la Ministre, nous ne pouvons nous résoudre à une nouvelle délocalisation boursière et comptons sur le soutien de notre gouvernement pour que nous soit accordé le temps nécessaire pour trouver la meilleure solution pour l’ensemble des salariés concernés et pour le site concerné. Je vous remercie.

J’insiste sur le fait que les dirigeants de cette société n’ont qu’une envie : fermer très vite. Nous, nous avons besoin de temps – comme d’ailleurs le Gouvernement – pour trouver la meilleure solution. Je compte là-dessus, ainsi que les salariés.

Réponse de Madame Fleur Pellerin, Ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique :

« Dès cette alerte, les équipes du ministère du redressement productif se sont fortement mobilisés sur ce dossier avec pour but de préserver les capacités et les compétences industrielles de ce site. La direction britannique de la branche a été rencontrée à plusieurs reprises par le cabinet du ministère et par le préfet du département concerné afin de mettre en place les conditions du maintien d’une activité industrielle ambitieuse sur le site. Plusieurs dispositifs ont été mobilisés : un diagnostic stratégique, un appel à l’agence régionale de développement économique Bourgogne Développement et à l’Agence française des investissements internationaux, etc.

Si le marché automobile français et européen n’est pas en situation d’attirer des investissements étrangers massifs dans le domaine, il nous semble essentiel de préserver la base française existante, vous avez parfaitement raison, et le pacte de compétitivité joue évidemment un rôle essentiel à cette fin. »