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Un pas de plus pour la lutte contre le système prostitutionnel

Un pas de plus pour la lutte contre le système prostitutionnel

L’Assemblée nationale a adopté mercredi, en première lecture, par 268 voix contre 138, la proposition de loi sur la lutte contre le système prostitutionnel que j’ai co-signée.

Ce texte a fait l’objet de nombreux débats, car le sujet touche à de nombreuses questions (ordre public, droits fondamentaux, égalité hommes-femmes, santé publique…) et il paraît complexe de légiférer dessus.

Si je me réjouis de son adoption, c’est que, sans avoir la prétention de régler tous les problèmes, ce texte représente un pas certain et déterminé dans la bonne direction.

Pour moi, la priorité reste la protection des personnes prostituées et de leurs droits. Lors de la procédure parlementaire pour l’adoption de ce texte, les nombreux intervenants ont tous pu confirmer que dans une large majorité, la prostitution est d’abord une exploitation. Dans une convention ratifiée par la France en 1960, l’ONU la considère comme une « traite d’êtres humains ».

C’est précisément sur ce point que le vote de ce texte envoie un signal fort en France et dans le reste du monde. Il renforce tout d’abord les moyens de lutte contre les réseaux de proxénètes, notamment sur internet. Il permet ensuite d’améliorer la prise en charge de personnes sorties du cercle de la prostitution et insiste sur l’importance de la prévention dès le plus jeune âge.

Enfin, le point qui a monopolisé le débat médiatique, l’interdiction d’un « achat de service sexuel », n’a pas été instaurée dans un but de répression mais de responsabilisation du client. Aujourd’hui, si le proxénétisme est une filière rentable pour les criminels de tout genre, c’est parce que le consommateur final, pourtant maillon essentiel de cette chaîne, se sent libre et irresponsable de la conséquence de ses actes.

L’abolition du racolage passif, qui pénalisait celles et ceux qui sont les victimes de ce système, est remplacée par une responsabilisation du client qui est bien celui qui nourrit les réseaux de traite d’êtres humains.