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[VIDEO] Ma question sur les accidents domestiques

[VIDEO] Ma question sur les accidents domestiques

Lors des questions orales sans débat du mardi 27 janvier 2015, j’ai interpelé la Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion au sujet des accidents domestiques et de leurs lourdes conséquences.

En effet, les accidents domestiques constituent un fléau plus meurtrier que l’insécurité routière.

Après le cancer et les maladies cardio-vasculaires, ils demeurent la première cause de décès chez les enfants et la troisième chez les adultes.

Un accident survient toutes les trois minutes, soit 11 millions d’accidents par an.
Ces accidents causent chaque année près de 20 000 décès, provoquent 4,5 millions d’admissions aux urgences et chaque jour, 1 200 hospitalisations.

Les personnes les plus vulnérables sont les enfants et les personnes âgées dont 8 000 d’entre elles meurent, souvent par chute, parce que le logement est peu adapté.

Ces drames (brûlures, chutes, fractures, noyades, défenestrations, suffocations, intoxications…) qui gâchent des vies entières, endeuillent des familles, culpabilisent parents et proches, qui coûtent chaque année des millions d’euros à la sécurité sociale et aux entreprises, pourraient être évités.

Pour la sécurité dans les logements, cette année doit se généraliser l’obligation d’installer avant le 1er mars 2015 des détecteurs de fumées dans toutes les habitations (loi Morange 2010). Cette mesure permettra de prévenir dans des délais plus courts les personnes concernées par un incendie ou une émanation de monoxyde de carbone. Cette obligation nécessite une communication forte pour sa mise en place effective.

J’ai tenu à lui rappeler l’exemple des pays de l’Europe du nord qui par des campagnes adaptées, ciblées et des actions menées par l’ensemble des acteurs concernés ont permis de diviser par trois le nombre de décès accidentels.

Je souhaitais connaître les mesures que le gouvernement entend prendre afin de conduire une politique ambitieuse en matière de prévention des accidents de la vie courante.

J’estime que le phénomène des accidents domestiques pourrait être diminué en France par une meilleure sensibilisation aux facteurs de risques du quotidien et une plus grande vigilance.

Déclarer la prévention des accidents de la vie courante grande cause nationale pourrait permettre une prise de conscience et encouragerait la définition d’une politique interministérielle qui mobiliserait l’ensemble des acteurs afin de faire diminuer le nombre de ces drames.

La Secrétaire d’Etat a reconnu qu’il s’agissait d’un enjeu majeur de santé publique et que des actions de communication à visée préventive, ciblant les populations les plus touchées, c’est-à-dire les personnes âgées et les enfants se multipliaient.

J’ai rappelé que le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement, adopté par l’Assemblée le 17 septembre dernier, fait de l’adaptation des logements une priorité absolue.

Aujourd’hui seulement 6 % des logements sont adaptés à la vie de personnes en perte d’autonomie, ce qui explique le trop grand nombre d’accidents domestiques impliquant des personnes âgées – 450 000 chutes par an, dont 62 % à domicile ! Il est donc nécessaire de développer l’offre de logements la plus diversifiée possible, de manière à répondre aux attentes et aux besoins des personnes âgées.

D’autre part, le projet de loi de santé, qui a été présenté par la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine, en Conseil des ministres le 15 octobre dernier, fait de la santé des jeunes une priorité de la politique de santé publique pour les années à venir.

Dans ce cadre, des actions spécifiques visant à améliorer la connaissance des causes de survenue des accidents de la vie courante ainsi que des actions de prévention dès le plus jeune âge et dans l’ensemble des milieux de vie seront mises en œuvre afin de réduire efficacement le nombre d’accidents de la vie courante.

J’ai conclu en émettant le souhait de voir reconnaître ce sujet grande cause nationale.